Le spam a soufflé ses 30 bougies la semaine dernière… Quelle belle jambe ça nous fait ! Je suis tout excité de rendre un grand hommage à Gray Thuerk qui, d’un gros coup de génie (les meilleurs idées sont elles les plus réfléchies ?), récupèrera quelque 600 adresses mails d’utilisateurs d’Arpanet (prédécesseur de l’Internet) pour leur envoyer un même message. Dans la série “aujourdhui j’envie, demain je renie“, dix ans après mai 68, on assiste donc à la naissance du SPAM.
Ce “courrier indésirable”, comme le traduisent si bien nos clients de courrier électronique francisées, on en est tous concerné. Certains plus que d’autres, il va de soi qu’il en dépend du degré de catholicité des activités chronophages de chacun ; mais peu importe puisque cela ne regarde que la personne concernée, reste qu’on se trouve tous dans le même bateau : on est, bien que virtuellement, envahi de ces arnaques et de ces publicités aux intentions plutôt douteuses. Pour vous je fait un saut dans ma boite à spam, et puisqu’elle efface automatiquement le courrier vieux de trente jours, voici les opportunités importunes que j’ai manqué dans le dernier mois :
J’ai gagné 21 iPhones, 18 iTouch, 17 Macbook Air : On ne me contredira pas que la société Apple recrute beaucoup de “testeurs” ces temps-ci. J’ai aussi gagné à 11 loteries ; manque de chance, sur aucune d’elles je n’ai gagné le merveilleux premier prix d’une villa en côte d’ivoire, mais plutôt le deuxième ou troisième prix… prix de consolation bien consolant, puisque la somme des sommes (redondant, moi ?) promises frise en moyenne le million de piastres américaines. J’aurais aussi pu, moyennant la somme de 100€ pour quelques gélules bleues vendues au poids, bander pour le restant de mes jours. En additionnant à ceci les “enlargement de pénis”, j’aurais pu en l’espace de trente jours, faire mentir mon pinocchio (j’ai rien trouvé de mieux pour ne pas vous imposer une vulgarité ) de 3,75 mètres (certains mois il me resterai même quelques mètres en rab à filer à mes potes).
Bref, c’est devenu d’un tel banal quotidien pour tous, que c’est sans intérêt que tout le monde le connait : il compose 93% en moyenne des mails échangés dans le monde, et est généré plus de 100 milliards de courrier indésirable quotidiennement (selon le New Yorker).
Quelque chose dont personne ne veut, pourtant produit massivement et distribué excessivement, souvent d’un goût plutôt louche, c’est comme ça que le courrier indésirable détrônera le roi de la merde : ce pâté de troupe bon marché… SPAM ou SPiced hAM (jambon épissé). Inutile de chercher plus loin… regardez cette vidéo d’une publicité de l’époque pour la fameuse marque SPAM, qui ne viendra pas aider à la réputation de cette bouillie à ingrédients non identifiés. Inutile de vous traduire cette vidéo, vous verrez rapidement le lien.
Je dois vous faire remarquer avant de vous quitter, la notion de traduction imagée qu’ont les québécois, en traduisant SPAM par “pourriel” ce qui est quand même génial, pour un peuple qui pourtant croise du SPAM tout les jours dans ses rayons… contrairement aux français !
Depuis plusieurs mois, suivant le court de la conscience sociale “écolo” grandissante, les boites en marketing se trouvent un goût commun pour cette tendance. Utilisant le “greenwashing”, cette forme de publicité qui tente de vendre la conscience écologique de la compagnie (ou du produit) au consommateur, ils arrivent à faire gonfler les ventes auprès de tout types de public confondus. Je qualifierais cette stratégie marketing d’une sorte de déculpabilisation du consommateur : continuer d’acheter sans changer les habitudes, tout en ayant la conscience tranquille. Quand Leclerc vends ses poches plastiques, tout le monde y trouve son compte ; mais quand les compagnies de grosses bagnoles américaines bien gourmandes tentent de vendre leur camelote en les qualifiant de “vert” ou “naturel”, tout prends immédiatement une autre ampleur au yeux des plus concernés.
SAAB, filiale suédoise de Général Motors, présente un nouveau modèle 9-3 “BioPower” sous la forme d’un “Objet VERT non identifié“. Bien que cette voiture roule au superéthanol85, un carburant composé de 85% de bioéthanol et 15% d’essence, la campagne publicitaire de la filiale sera qualifiée de “mensongère” par la Fédération nationale des associations des usagers des transports (Fnaut), qui porte plainte avec les motifs suivant :
“la publicité associe au véhicule qui roule au bioéthanol le terme de ‘naturel’, qui signifie ’sans l’intervention de l’homme’. Cette utilisation est mensongère, puisque le bioéthanol n’existe pas dans la nature!” (ce qui s’accorde bien avec la présentation de la voiture dite O.V.N.I., donc EXTRA-terrestre ndlr.)
“Ce que nous contestons aussi, c’est l’utilisation de l’expression ‘plus écologique’: quand cette voiture roule au bioéthanol, elle émet certes moins de CO2, mais elle en émet toujours énormément, puisque c’est une grosse voiture. Elle se classe dans l’une des deux dernières catégories qui servent de référence pour l’attribution du bonus-malus.”
La Fnaut demande une contre-publicité, qui expliquerais aux consommateur en quoi leur première campagne était mensongère. D’une manière ou d’une autre, que cette voiture soit réellement écolo ou non, cette plainte démontre bien le ras-le-bol des consommateurs à être pris pour des imbéciles.
Le directeur du BVP (Bureau de Vérification des Publicités), Joseph Besnaïnou partage avec nous son avis : “Il y a d’autres enjeux. Si la France ne fait plus de pubs pour sa voiture… Saab, ils s’en foutent! Ils y iront faire de la pub ailleurs.”
On voit bien à quelle essence ils roulent au BVP !
Le mois de mai, on fait ce qu’il nous plaît ; synonyme de bonheur, c’est une nouvelle saison déjà entamée qui s’affirme, ou plutôt qui confirme que l’été arrive en vain. Le noir broyé durant l’hiver se pigmente de couleurs vives et claires et les sujets de déprime hivernales s’estompent à la venue du beau temps, des jupes courtes et des phéromones libérées. Le moi de mai, tout est joli, dans les rues, on sent une excitation commune, semblable à celle des fourmis lorsque l’orage s’installe.
Mai 2008, on commémore, avec une pointe de nostalgie, le courage et la détermination des baby-boomers parisiens révoltés, et tentons de vendre l’idéal soixantehuitard à la génération Z. Les conséquences de cette pseudo-révolution, on en parle moins ; car de toute façon l’homme ne serait pas capable de dissocier tort et inconscience. Résultat, on évite le sujet et trouve meilleur coupable, ayant le dos large (ou plutôt ayant bon dos, ce qui est différent). Du recul, sur les répercussions, on est pas capable ; Action = Réaction
Bref, je veux dire par tout ça, que la France est dans un piètre état, sinon sur l’autobahn qui la mène à le devenir. Sans vouloir blâmer à tort une génération avec laquelle je partage des parties de son idéal, je croit que mai 68 (et ce qui l’entoure) est mal expliqué aux jeunes, que les conséquences qui y sont indirectement liées devrait être mis au grand jour, pour éviter de reproduire certaines erreurs dont nous auront point d’excuses à donner à nos enfants pour les justifier ; on ne peux commettre la même erreur deux fois.
Je survole l’actualité de la semaine à la recherche d’inspiration pour ma chronique du jour de lune ; rien de très réjouissant pour entamer ce mois de bonheur, entre le français d’origine africaine qui se fait insulter à coup de propos raciste par un cadre d’hortefeux, un enseignant condamné pour propos racistes, mais également ce clip du groupe Justice dont je vous ai parlé samedi (avec la précieuse contribution de Valvert), et les réactions haineuses qu’elle engendre ; rien qui me donne le sourire. Je décide donc de me nourrir des petits moments de bonheur qu’Amélie Poulain sait apprécier, une goutte de plaisir dans sa souffrance, sa naïveté puérile me redonne un petit sourire ; je retourne à ma rédaction.
Les médias ne sont pas là pour témoigner du bonheur des autres de toutes façon, ne pas laisser la désolation déteindre sur le bonheur que m’offre la vie, la vie qui est comme une valse triste, qui vous emporte le temps de quelques pas de danse et de moments de joies partagées, mais une fois seul et avec du recul, elle éponge les larmes et les coeurs brisés. Alors j’entame malgré tout le mois de mai avec enthousiasme et espoir.
L’optimiste est un imbécile heureux, le pessimiste un imbécile malheureux. (G. Bernanos)
Romain Gavras est un jeune réalisateur parisien, et ce clip (Stress du groupe Justice) est une pièce de toute beauté. J’ai systématiquement relié ce court métrage musical à orange mécanique, remis à jour et à la sauce de l’actualité française. Elle choque, provoque ; bref : elle crée la réaction attendue. Comment les médias interpréteront cet “art” ? Scènes ultra-violentes, peut-être même un peu trop réalistes, démontrant clairement un phénomène social en cours de (dé)route mais bien présent. Suite aux émeutes, à qui profitera ce “buzz” qui attends ce clip ? Les conséquences peuvent être lourdes, comme elles peuvent être profitables ; mais une chose est sûre, cet art est très intéressant et les effets sociaux réactifs qui s’y lieront seront des plus intrigants.
Richard Place de france info a enquêté sur une simple fiche d’offre d’emploi, prospectée par l’agence nationale pour l’emploi, quelque peu polémique. Cette offre proposerait un emploi à Pondichery en Inde, pour un possesseur d’un DUT/BTS en informatique, pour la ludique (pour ne pas dire modique) somme de 10.000 à 20.000 roupies par mois. Sur cette fiche, aucune conversion ne semble être faite, insinuant peut-être que l’évidence est évidente, et que quiconque se devrait de connaître le taux de change Euros/Roupies ? Calcul fait, il en résulte : 167/334€.
“protection sociale et avantages à négocier” dixit une petite note discrètement insérée sur la fiche. Cela peut choquer, mais le raisonnement qui peut sauver l’ANPE de l’assaut des médias sur cette affaire, est que le dit salaire, serait le double du salaire d’un “indien moyen” (ou plutôt le salaire moyen d’un indien, c’est quand même plus classe).
Alors iriez vous travailler au pays des vaches pour XV.M roupettes ? L’ANPE va-t-elle s’en sortir indemne en se cachant derrière son rôle de simple intermédiaire ? La direction de l’agence n’a pas voulu répondre aux questions de la presse.
Bonjour ! Je me présente, je m'appelle François, je suis un autre passionné des nouvelles technologies et très
attiré par la sociologie et amoureux de la langue française. J'utilise mon blog pour exprimer mes coups de gueule sous forme de chroniques de société. Je suis revenu en France en
décembre 2007, et souhaite devenir Ingénieur. Je travaillais en Rénovation du batiment à Montréal, et réentreprends maintenant mes études à Toulon.
On en discute
RSS