Archives pour mars 2008

CHRONIQUE

Trop de questions tue la question

Si vous avez suivi les commentaires du Blog, vous auriez pu voir il y a quelques semaines que suite à un de mes articles à la tonalité interrogative quelque peu excessive, j’ai reçu un commentaire bien sympathique, qui prends soin de bien répondre avec un cynisme parfait, à chaque question que j’avais posé dans l’article. Puis, suivit la phrase “Trop de questions tue la question”. Alors forcément, je me suis posé également la question ! Élaborons un peu ce sujet, si vous voulez bien !

Alors bien sur, vous me direz que notre source littéraire nationale, Ségolène Royal, a dit “Mais la question, ce n’est pas de demander trop… c’est de demander juste“; et bien elle n’a pas tout a fait tort. Bien sur que poser trop de questions n’engendre pas forcément une bonne efficience. Bien sur que si sur 10 questions, seulement 5 sont pertinentes, ces dernières perdront leurs impact, et le sens du texte perdra globalement sa valeur. Bien sur aussi que poser une question c’est bien souvent y répondre -Coluche disait :
“Vous voulez savoir ce que je pense des cons qui défilent sur de la musique militaire ? Ah… la réponse est dans la question.”- , et que ce manque de subtilité peut être déconcertant s’il devient excessif. Mais alors il ne s’agit plus du “nombre” de questions mais de la façon dont elles sont posées ; donc je conteste bien ce proverbe que je ne connaissais pas : “trop de questions tue la question“. Mais quel est l’objectif réel d’une question, et quel sens peut elle s’approprier dans différents contextes ? Examinons un peu la question-jeu de mots-

On ne repassera pas par toutes les règles de grammaire de la phrase interrogative, mais penchons nous un peu plus sur le contexte d’une question dans le milieu journalistique. Je me permet quand même de réviser le mot “question” en lui même, pour pouvoir mieux comprendre.

Le mot “question” vient du latin quaestio, qui se traduit de multiples façons, entre autre par “recherche“, “point de discussion“, “controverse” ou voire même “thèse“. Bien sûr le dérivé de quaestio en français se limite à question, mais aussi “quête” dont l’ancienne graphie du mot est “queste”. Assez de leçons d’étymologie, mais on peut déjà y voir plus clair, non ? (question)

La question est utilisée dans de multiples situations, mais elle constitue généralement une simple demande, qu’on appelle plus couramment en grammaire vous le savez, la phrase interrogative. Bien sûr au niveau du journalisme, la question n’est pas une “simple demande” mais plus souvent le “prélude d’une critique” sous forme de question ouverte, qui fait appel à la réflexion de son lecteur. La question n’attend donc pas forcément une réponse : les réponses y sont déjà, tout en laissant l’esprit du lecteur complètement libre d’en tirer sa propre conclusion. Le rôle d’un chroniqueur n’est pas d’avoir un opinion sur tout, et il se questionne lui aussi souvent avec le lecteur à travers ses textes. Prenons un exemple plus général :

Vous allez acheter une voiture d’occasion, vous n’êtes ni concessionnaire ni garagiste, mais les voitures vous en voyez tout les jours comme tout le monde, ce n’est donc pas terrain totalement inconnu. On vous montre un modèle que vous connaissez, votre soeur en a déjà eu une. Là, vous remarquez que le mécanisme de la boite de vitesse est un peu raide. Vous dites :
“Est-il possible que le boîtier de vitesse soit en mauvais état ?”. Ce qui implique une affirmation subtile : “La boite de vitesse fonctionne mal, il semble donc en mauvais état.”.
Vous n’êtes pas spécialiste, donc affirmer un problème avec conviction parait inapproprié, surtout que vous ne cherchez pas a régler le problème, puisque vous n’achèterez pas cette voiture, mais vous voulez simplement le faire remarquer. Vous préférez donc donner votre opinion sous forme interrogative, pour laisser libre choix au vendeur de confirmer ce problème et ensuite le régler, ou simplement de l’ignorer, dans quel cas votre question serait des plus appropriés.

Un article, c’est presque pareil. On ne sait pas tout, peut être même moins que le lecteur, mais on travaille à bien observer et ouvrir des questions que le lecteur, même plus cultivé sur un sujet précis, ne se serait peut être pas posé les mêmes questions. Le but n’est pas d’imposer un opinion, mais d’aider à le construire.

Pour en revenir à trop de questions tue la question : poser des questions est un art, et doit être bien fait et éviter le surplus de question inutiles, cependant, je ne croit pas que trop de questions tue la question. Le proverbe latin le dit si bien : Qui rogat, non errat (Poser des questions n’est pas une erreur).

Mais le commentaire que j’ai reçu m’a bien fait réaliser que mes questions étaient effectivement redondantes. Le même message aurait pu passer sans toutes ces questions, et le message n’était pas clair, perdu dans tout ce superflu.

J’en conclut donc qu’il faut travailler la qualité des questions, et non pas en réduire le nombre. Qu’en pensez vous ?

Crédit photo : KarmenRose
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CHRONIQUE

Buzz par ci, Buzz par là… et Woody on l’oublie ?

Il est drôlement amusant de parcourir des digg-like francophones tel que Wikio, Blogasty etc. et de voir à quel point tout les jeux de mots les plus débiles avec le mot “buzz” ont été fait. Quel est la raison de ce bourgeonnement intempestif ? Quel est la motivation principale du “buzz-buster” et quel prestige y a t-il à créer un tel blog, à priori, complètement impersonnel et commun. Que se cache t-il derrière tout ça ? Si vous avez un peu de temps, posons nous ces questions ensemble et tâchons de comprendre.

Nous savons tous que les journaux d’information sont loin d’être ce qui se vend le mieux sur le marché de la presse. Pourquoi ? Tout simplement à cause de la diversité des médias d’information (Internet, Télévision, Podcasts etc.) mais aussi la grande concurrence des magazines à scandale, brèves de stars et autres journaux à potins. La tradition de la lecture du journal national chaque matin en buvant son café et fumant sa pipe se perd au fil des générations, car le temps nous manque, et la facilité est bien plus au goût du jour. Contrairement à la lecture d’un journal, les brèves scandaleuses sont faciles à lire, ne demandent aucune concentration ni aucune culture générale et sont très divertissantes pour la plupart. Vivre à travers les stars et leurs scandales nous permet de sortir de notre vie platonique et ennuyeuse, de les juger afin de se remonter ou pour d’autres, de rêver vivre leur vie sans avoir à en assumer les conséquences. Notre peuple est avare de ce type d’information par le biais de la presse, mais chaque média possède sont équivalent dont les français sont tout aussi friands, tel la télé-réalité, et nous voici maintenant avec Internet et ces fameux sites arborant le mot “buzz” quelque part dans leur noms ou dans leur ligne éditoriale.

Il en va donc de soi que la demande soit très forte, surtout depuis que les blogs sont reconnus dans les médias, et sont souvent source de “buzz” inaccessible à la presse. -Rappelons nous les photos de Laure Manaudou, la vidéo 2girls1cup et j’en passe- Donc sur Internet, tout devient possible/accessible et cela au profit du français moyen à la recherche de scandales pouvant divertir et animer un peu sa vie peu trop monotone. Revenons maintenant à la question principale.

La raison d’un bourgeonnement intempestif est déjà beaucoup plus évidente maintenant. Elle est forcément due à une demande incessante : l’appétit vient en mangeant ! Sauf que si on s’attarde un peu sur ces sites people, on remarquera très rapidement que l’information provient la plupart du temps d’un autre site qui à pompé sur un autre site qui lui à ruminé sans aucune plume aucune, une information publiée la veille dans un magazine. Certes, une “plume” ce n’est pas ce que le peuple veut dans ce genre d’information, il veut quelque chose de rapide à lire, dans un français populaire, ne demandant pas trop de réfléchir. Alors quel prestige y a t-il à tenir ce genre de site ?

Ce n’est certainement pas celui dû au talent de rédaction qui est déterminant, mais alors c’est quoi ? Si on prends un magazine type “people” ; aucun journaliste ne se démarque, aucun prestige n’est accordé à qui que ce soit, si ce n’est peut être aux avocats… Alors, c’est une question d’argent ? J’en suis convaincu et ce n’est pas une révélation ! Mais alors pour un site ou un blog qui publie ce genre d’information, est-ce vraiment une question monétaire ? Ne serait-ce pas plutôt une fierté que le propriétaire arrive à tirer au travers ses statistiques ? C’est très dur à en déceler la vraie réponse, car elle doit être différente pour chacun.

Une fois l’information publiée sur un site de référence -par exemple chauffeur de buzz qui excelle dans le domaine-, pourquoi la ruminer mille fois sans y apporter un opinion, ou une plume personnelle ? Comment se satisfaire de simples explosions de statistiques générées par de l’information pompée dans des sources grand-public et rédigée sans aucun caractère ?
Comment se démarquent-ils : à qui pompera le plus vite ? Devrait-ils arrêter de polluer les digg-like et d’éclipser les blogs peinant à faire des billets de qualité ?

Je crois sincèrement qu’il n’y a aucun blâme à donner à personne dans cette situation : si le peuple veut des potins, on lui en donne, c’est normal. Mais je n’arrive toujours pas à comprendre la motivation de se lancer dans un domaine déjà saturé, sans rien y apporter. Le but de créer un blog est pour moi de pouvoir se nourrir soi même en apportant un peu aux autres, à une cause personnelle, non ? Alors on doit m’expliquer l’intérêt de tant de doublons inutiles et sans intérêt.

Buzz l’éclair (Toy Story ndlr.) écarte largement le vieux cowboy Woody par sa popularité, mais il n’en est rien de son authenticité !

Je préfère largement le bon vieux cowboy au fascinant Buzz l’éclair. “L’infini et l’au delà” ne m’intéresse pas ; et vous êtes vous plus Buzz l’éclair ou Woody le cowboy ?

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CHRONIQUE

Le printemps… c’est avant tout la saison du ménage !

Le printemps, c’est la saison des fleurs, des bourgeons, des papillons, des journées qui rallongent, des ruts, de l’amour et de la distraction, tous excités de voir l’été arriver, malgré tout ce bonheur qui arrive, pour certains, c’est avant tout la saison du ménage, et on y échappera pas ! C’est donc le temps pour moi d’en faire un petit, de remettre des choses à l’ordre et je vous informe donc de mes décisions en ce qui concerne Paroles Chroniques.

Il fallait bien se rendre à l’évidence un jour (je parle pour moi); A la création de mon blog, je n’avais pas repris les études et n’avais aucune obligation ni responsabilité demandant du temps et de la concentration. Mais aujourd’hui ce n’est plus le cas, et pourtant, je prends un bon 24h par semaine à trifouiller le web dans un seul objectif concret, celui de pondre des articles dans une cadence régulière allant de 3 à 4 par semaine. Ce 24h là, bien sur, n’est pas source de “concrétisation”, mais pour ceux qui savent ce qu’est de tenir un blog, il induit beaucoup plus que de la recherche d’information pertinente et de rédaction. Malheureusement, Internet est une grande aire de jeux, qui ne cesse de me distraire de mes objectifs principaux. Internet est donc ma fuite principale, où je laisse aller mon esprit à de monotones manipulations répétitives, allant du facebook au digg-like et j’en passe, choses qui ne me font avancer dans rien. Je dois donc me restreindre de cette liberté incontrôlable tout simplement en réduisant mes occasions d’ouvrir mon portable dans un lieu équipé du wi-fi. Il en va de soi, que je dois enlever du lest à mes obligations que je m’impose pour garder la cadence et fidéliser mes lecteurs.

Bien sur, il y a une multitude de solutions, entre autre celle de réduire la quantité/qualité d’information des articles et par conséquent le temps de recherche qui va avec, mais je ne crois pas qu’elle soit adaptée puisque la rédaction d’article à partir de recherches, c’est bien un de mes principaux bénéfices, qui me permet d’avancer dans mon cheminement personnel; j’ai donc dû trouver une autre solution. Bien oui, c’est bien celle que vous pensez, non pas fermer le blog, mais plutôt celle de poster moins d’article… Ce fût un choix difficile, mais un choix à prendre ! Donc pour me permettre de ne pas m’évader trop souvent dans ce bouffe-temps qu’est Internet et me concentrer sur mes principaux objectifs, c’est bien de ne travailler sur mon blog qu’un jour par semaine, celle où je n’ai pas de travail à effectuer, donc… le jour du Seigneur.

Cela me donne donc du temps pour choisir le sujet, le faire mûrir, et donc être plus productif le dimanche, et pourquoi pas écrire plusieurs articles chaque dimanche ? On verra, mais je me devais de prévenir mes lecteurs de mon choix et du changement que cela va provoquer sur le rendement de mon blog. Un article sera donc posté chaque lundi matin au minimum, et d’autres dans la semaine selon mon inspiration du dimanche, il en va de soi.

J’espère ne pas décevoir mes lecteurs, et puis, dans un hebdomadaire, il y a toujours plus de couleurs, non ?

Donc à lundi les amis, et vive le printemps !

Google nous annonce le printemps à sa manière :


Ps : J’ai déjà donné un peu de fraicheur au blog en avance sur le printemps… donc ne comptez pas trop sur un grand renouveau, mais quelque petits changements sont à venir.

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CHRONIQUE

L’arnaque africaine paye encore

Larnaque africaine -ou nigeriane-, c’est celle que vous recevez par mail, cette lettre si touchante d’une pauvre ivoirienne qui ne peut toucher sans votre aide le modeste héritage de 4M de dollars qui lui revient de droit suite à la mort de son père, honorable chef de l’armée locale : ce grand patriote qui a dû laisser sa peau dans un long combat contre la guerrilla. L’arnaque africaine, c’est cette histoire, mais aussi beaucoup d’autres. Dans l’arnaque africaine, il y a toujours un mort ou un malade, un cause patriotique ou humanitaire et un gros pacson que vous pourriez toucher, si vous auriez “assez de coeur” pour aider un(e) démuni(e) à se sortir d’un pays touché par la guerre; qui ne rêve pas d’être un héros riche ?

L’arnaque africaine est douteuse, mais sans risque au premier coup d’oeil. Vous n’avez rien à perdre, à part peut être un timbre à 0,80€ et ensuite vous seriez millionnaire, alors pourquoi laisser cette chance à un autre ? L’arnaque africaine vous séduit avec ce que tout occidental rêve, devenir riche avec un honneur à la clé. Donc l’arnaque africaine, c’est avant tout des milliers de personnes qui se font avoir chaque année, et ce partout en Europe et dans le monde. L’arnaque africaine embarque toutes ces victimes dans un engrenage si bien calculé, d’où ils ne pourront s’en sortir que perdant. L’arnaque africaine, nous en sommes tous la cible, et bien plus de gens que vous pouvez croire y ont tout laissé leur capital voire leur peau.

Connaissant ce phénomène depuis longtemps -qui existe depuis presque 28 ans- , l’évidence même du coup monté étais tellement surprenante, sans parler de sa médiatisation et des avertissement de nos banques sur le sujet, je n’ai donc pas porté attention à l’ampleur que ce scam -version Internet- pourrait avoir à l’échelle nationale. Je fût stupéfait par la présence du sujet dans mon forum habituel, dans la section Droit et Libertés, où une bonne centaine de sujets postés souvent en doublons, en passant par toutes les variantes de ce type d’arnaque et des discussions bien mal dirigées, ou plutôt alimentées entre sceptiques voulant un peu trop y croire, credo quia absurdum. Résultat, sans que personne n’interagisse, certains on même écrit des choses plutôt désolantes, voire triste :

“alors j’ai retourné la situation en envoyant un mail disant que finalement j’allais me déplacer là-bas pour percevoir en main propre mon gain. Je dois partir demain alors, à suivre?”

Il est triste de constater les dégâts que cela peut causer, même sans pouvoir entendre le témoignage des personnes qui ont été assassinées au Nigeria suite à une telle aventure. En voici un remplit de naïveté et très touchant de Fabienne :

“je me suis faite avoir aussi et je peux vous dire qu’à ce jour je ne suis pas bien, j’ai vidé pour ces personnes mon compte perso et pro, je suis défaite, je ne dors plus, je n’ai plus un sous, je vais porter plainte et les attaquer, qu’avez vous fait ? Aussi je vous invite à me suivre dans ma démarche, il faut arrêter ce genre d’arnaque, je ne fait jamais cela sur internet mais ils sont très forts ! Je n’ai pas l’intention d’en rester là, je peux vous le dire; à ce jour je suis démunie et je ne vais pas bien du tout .”

Tout cela est bien touchant et peut même paraître ridicule pour certains. Que penser de tout ça ? Comment l’arrêter ? Je ne pourrais y répondre si ce n’est que penser que le coupable à blâmer est beaucoup plus proche que l’on pense. Je ne parierais pas qu’il soit du Sierra-Leone ou de Côte d’ivoire.

Je ne crois pas qu’à notre place, on puisse pointer du doigt le crime d’un peuple qui n’a guère le choix de vivre dans sa précarité, à qui on n’offre pas d’opportunité de réussite, de sécurité financière, et où la bonne morale ne fais guère le poids face aux atrocités qui leurs est infligés. Ce crime est probablement le résultat de l’avarice d’un peuple occidental qui puise dans toute ressource sans en assumer la moindre conséquence, et qui vend l’espoir d’un rêve américain qu’ils ne pourront jamais s’offrir. Il en va donc de soi je crois, que ces gens se donnent les moyens d’y arriver. Le coupable est donc très proche de nous, si proche d’ailleurs, que peu de monde arrivent à le voir.

N’hésitez pas à partager votre opinion.

Photo : Mike9Alive

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CHRONIQUE

Je ne donnerai pas ma langue aux chats

Profitant de la semaine de la langue française -qui se déroule du 14 au 24 mars- je déballe mon sac, constatant une perte d’intérêt envers la langue de Molière qui, selon moi, dépasse un peu les limites de l’acceptable quand bien parler français est aujourd’hui accessible à tous. Est-ce que son accessibilité est la raison de la fin de son prestige ? Autres temps, autres moeurs… Probablement.

slf.jpgComme un fils tue son père pour s’affirmer, il le fera souvent sans délicatesse et reviendra piteux déballer ses remords. On a tous besoin de ce moment d’égoïsme à l’égard de ses parents, pour pouvoir voler de nos propres ailes et l’on ne peux le faire avec bienveillance sans le faire à moitié. Mais comme tout changement brusque, tout finit par revenir : après la pluie, le beau temps ; la joie venait toujours après la peine (Apollinaire) etc. Action-Réaction bien réelle et qui s’applique à beaucoup de situations. Prenons la mode comme exemple, qui reviens toujours aux sources : ne sachant plus où la puiser, on reviens aux temps mythiques simplement parce que le temps qui passe embellit le temps passé, devient regretté et synonyme de plaisirs, comme les photos de famille, on ne garde que des bons souvenirs et les mauvais s’estompent.

Alors qu’en est-il de notre langue française, est-elle aussi simplement un effet de mode ? Elle qui est en train de dépérir à travers nos textos, abréviations et anglicismes… Aujourd’hui que bien parler et écrire français est accessible à tous, elle perds donc tout son prestige et sa valeur aux yeux des français. Dans une époque où tout se renouvelle, nous n’avons jamais fini d’apprendre et de se distraire avec du superflu, d’oublier l’essentiel, et ça au profit des entreprises. De plus, dans une société capitaliste où le temps c’est de l’argent et où de l’argent il en faut toujours plus, sachant que le bien parler ne paye pas et demande du temps, il perd donc espoir de survie dans ce type de société.

Quand nous aurons un enchaînement de ponctuation pour chaque émotion, une abréviation pour chaque mot un peu trop long, remplacé chaque lettre par un chiffre, et chaque chiffre par une lettre, cesserons nous de vouloir réinventer la poudre ?

Reviendrons nous un jour comme un fils vers son père, remplis de regrets tête basse, récupérer la richesse de notre langue, et ce sans devoir repasser par le “langage télégramme” ?

“Que les vers d’Apollinaire donnent raison à la langue de Molière. O tempus edax !”

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