Si vous avez suivi les commentaires du Blog, vous auriez pu voir il y a quelques semaines que suite à un de mes articles à la tonalité interrogative quelque peu excessive, j’ai reçu un commentaire bien sympathique, qui prends soin de bien répondre avec un cynisme parfait, à chaque question que j’avais posé dans l’article. Puis, suivit la phrase “Trop de questions tue la question”. Alors forcément, je me suis posé également la question ! Élaborons un peu ce sujet, si vous voulez bien !
Alors bien sur, vous me direz que notre source littéraire nationale, Ségolène Royal, a dit “Mais la question, ce n’est pas de demander trop… c’est de demander juste“; et bien elle n’a pas tout a fait tort. Bien sur que poser trop de questions n’engendre pas forcément une bonne efficience. Bien sur que si sur 10 questions, seulement 5 sont pertinentes, ces dernières perdront leurs impact, et le sens du texte perdra globalement sa valeur. Bien sur aussi que poser une question c’est bien souvent y répondre -Coluche disait : “Vous voulez savoir ce que je pense des cons qui défilent sur de la musique militaire ? Ah… la réponse est dans la question.”- , et que ce manque de subtilité peut être déconcertant s’il devient excessif. Mais alors il ne s’agit plus du “nombre” de questions mais de la façon dont elles sont posées ; donc je conteste bien ce proverbe que je ne connaissais pas : “trop de questions tue la question“. Mais quel est l’objectif réel d’une question, et quel sens peut elle s’approprier dans différents contextes ? Examinons un peu la question… -jeu de mots-
On ne repassera pas par toutes les règles de grammaire de la phrase interrogative, mais penchons nous un peu plus sur le contexte d’une question dans le milieu journalistique. Je me permet quand même de réviser le mot “question” en lui même, pour pouvoir mieux comprendre.
Le mot “question” vient du latin quaestio, qui se traduit de multiples façons, entre autre par “recherche“, “point de discussion“, “controverse” ou voire même “thèse“. Bien sûr le dérivé de quaestio en français se limite à question, mais aussi “quête” dont l’ancienne graphie du mot est “queste”. Assez de leçons d’étymologie, mais on peut déjà y voir plus clair, non ? (question)
La question est utilisée dans de multiples situations, mais elle constitue généralement une simple demande, qu’on appelle plus couramment en grammaire vous le savez, la phrase interrogative. Bien sûr au niveau du journalisme, la question n’est pas une “simple demande” mais plus souvent le “prélude d’une critique” sous forme de question ouverte, qui fait appel à la réflexion de son lecteur. La question n’attend donc pas forcément une réponse : les réponses y sont déjà, tout en laissant l’esprit du lecteur complètement libre d’en tirer sa propre conclusion. Le rôle d’un chroniqueur n’est pas d’avoir un opinion sur tout, et il se questionne lui aussi souvent avec le lecteur à travers ses textes. Prenons un exemple plus général :
Vous allez acheter une voiture d’occasion, vous n’êtes ni concessionnaire ni garagiste, mais les voitures vous en voyez tout les jours comme tout le monde, ce n’est donc pas terrain totalement inconnu. On vous montre un modèle que vous connaissez, votre soeur en a déjà eu une. Là, vous remarquez que le mécanisme de la boite de vitesse est un peu raide. Vous dites :
“Est-il possible que le boîtier de vitesse soit en mauvais état ?”. Ce qui implique une affirmation subtile : “La boite de vitesse fonctionne mal, il semble donc en mauvais état.”.
Vous n’êtes pas spécialiste, donc affirmer un problème avec conviction parait inapproprié, surtout que vous ne cherchez pas a régler le problème, puisque vous n’achèterez pas cette voiture, mais vous voulez simplement le faire remarquer. Vous préférez donc donner votre opinion sous forme interrogative, pour laisser libre choix au vendeur de confirmer ce problème et ensuite le régler, ou simplement de l’ignorer, dans quel cas votre question serait des plus appropriés.
Un article, c’est presque pareil. On ne sait pas tout, peut être même moins que le lecteur, mais on travaille à bien observer et ouvrir des questions que le lecteur, même plus cultivé sur un sujet précis, ne se serait peut être pas posé les mêmes questions. Le but n’est pas d’imposer un opinion, mais d’aider à le construire.
Pour en revenir à trop de questions tue la question : poser des questions est un art, et doit être bien fait et éviter le surplus de question inutiles, cependant, je ne croit pas que trop de questions tue la question. Le proverbe latin le dit si bien : Qui rogat, non errat (Poser des questions n’est pas une erreur).
Mais le commentaire que j’ai reçu m’a bien fait réaliser que mes questions étaient effectivement redondantes. Le même message aurait pu passer sans toutes ces questions, et le message n’était pas clair, perdu dans tout ce superflu.
J’en conclut donc qu’il faut travailler la qualité des questions, et non pas en réduire le nombre. Qu’en pensez vous ?
Nous savons tous que les journaux d’information sont loin d’être ce qui se vend le mieux sur le marché de la presse. Pourquoi ? Tout simplement à cause de la diversité des médias d’information (Internet, Télévision, Podcasts etc.) mais aussi la grande concurrence des magazines à scandale, brèves de stars et autres journaux à potins. La tradition de la lecture du journal national chaque matin en buvant son café et fumant sa pipe se perd au fil des générations, car le temps nous manque, et la facilité est bien plus au goût du jour. Contrairement à la lecture d’un journal, les brèves scandaleuses sont faciles à lire, ne demandent aucune concentration ni aucune culture générale et sont très divertissantes pour la plupart. Vivre à travers les stars et leurs scandales nous permet de sortir de notre vie platonique et ennuyeuse, de les juger afin de se remonter ou pour d’autres, de rêver vivre leur vie sans avoir à en assumer les conséquences. Notre peuple est avare de ce type d’information par le biais de la presse, mais chaque média possède sont équivalent dont les français sont tout aussi friands, tel la télé-réalité, et nous voici maintenant avec Internet et ces fameux sites arborant le mot “buzz” quelque part dans leur noms ou dans leur ligne éditoriale.
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