Je ne donnerai pas ma langue aux chats
Profitant de la semaine de la langue française -qui se déroule du 14 au 24 mars- je déballe mon sac, constatant une perte d’intérêt envers la langue de Molière qui, selon moi, dépasse un peu les limites de l’acceptable quand bien parler français est aujourd’hui accessible à tous. Est-ce que son accessibilité est la raison de la fin de son prestige ? Autres temps, autres moeurs… Probablement.
Comme un fils tue son père pour s’affirmer, il le fera souvent sans délicatesse et reviendra piteux déballer ses remords. On a tous besoin de ce moment d’égoïsme à l’égard de ses parents, pour pouvoir voler de nos propres ailes et l’on ne peux le faire avec bienveillance sans le faire à moitié. Mais comme tout changement brusque, tout finit par revenir : après la pluie, le beau temps ; la joie venait toujours après la peine (Apollinaire) etc. Action-Réaction bien réelle et qui s’applique à beaucoup de situations. Prenons la mode comme exemple, qui reviens toujours aux sources : ne sachant plus où la puiser, on reviens aux temps mythiques simplement parce que le temps qui passe embellit le temps passé, devient regretté et synonyme de plaisirs, comme les photos de famille, on ne garde que des bons souvenirs et les mauvais s’estompent.
Alors qu’en est-il de notre langue française, est-elle aussi simplement un effet de mode ? Elle qui est en train de dépérir à travers nos textos, abréviations et anglicismes… Aujourd’hui que bien parler et écrire français est accessible à tous, elle perds donc tout son prestige et sa valeur aux yeux des français. Dans une époque où tout se renouvelle, nous n’avons jamais fini d’apprendre et de se distraire avec du superflu, d’oublier l’essentiel, et ça au profit des entreprises. De plus, dans une société capitaliste où le temps c’est de l’argent et où de l’argent il en faut toujours plus, sachant que le bien parler ne paye pas et demande du temps, il perd donc espoir de survie dans ce type de société.
Quand nous aurons un enchaînement de ponctuation pour chaque émotion, une abréviation pour chaque mot un peu trop long, remplacé chaque lettre par un chiffre, et chaque chiffre par une lettre, cesserons nous de vouloir réinventer la poudre ?
Reviendrons nous un jour comme un fils vers son père, remplis de regrets tête basse, récupérer la richesse de notre langue, et ce sans devoir repasser par le “langage télégramme” ?
“Que les vers d’Apollinaire donnent raison à la langue de Molière. O tempus edax !”






tu as entièrement raison.. ceci dit, perso, j’invente des mots pour rendre mes textes plus vivants.. et puis, c’est ma marque de fabrique
bonne journée
Merci ! Je crois que le Français ne manque pas de mots pour rendre un texte vivant. Je crois que la blogosphère a beaucoup à jouer dans ses textes, car le meilleur combat contre la perte de la langue, c’est d’avoir des modèles, et la blogosphère pourrait bien changer des choses. Cordialement.
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