Internet est depuis sa création, une course à la socialisation de ses utilisateurs. Au travers une multitude de protocoles, le social virtuel a fait son chemin parallèlement au reste de la technologie. Je n’éterniserais pas sur son évolution mais plutôt ce qu’il a changé dans nos vies, et surtout ce qu’il en vaut.
Tout d’abord, notons que Internet nous apporte beaucoup en favorisant l’accessibilité à l’information et la facilité en terme de communication. Elle crée aussi de nouveaux emplois, offre de nouvelles opportunités de carrières, révolutionne le marketing et le commerce, mais ouvre aussi les portes aux arts.
Bref, Internet nous rend “la vie plus facile”, chose que notre génération tient particulièrement à coeur ; l’ère du “minimalisme” en témoigne. Rendre notre vie plus facile est devenue une obsession.
Pour une génération qui a connu la vie autrement, c’est un bien beau
cadeau qu’elle se fait en s’offrant ce luxe abordable qu’est internet chez soi. Ils se contenteront de l’utiliser comme un outil quotidien, et d’envier la génération qui en profitera pleinement. Mais alors qu’en sera t-il de celle qui aura pris ce luxe pour acquis ? Mes inquiétudes vont bien au delà d’une inconscience matérialiste, elles se dirigent plutôt vers l’instabilité sociale que cela est en train de créer chez les jeunes.
Comme une maladie virale, moins elle se donne de temps pour se répandre, plus elle sera difficile à maîtriser et les anticorps n’auront pas le temps de se former pour pouvoir la combattre avec “efficience”. C’est à ce phénomène biologique que je compare cette course à la pointe technologique, dont la jeunesse se fait embarquer a grands coups de masse-marketing. Comment l’homme peut-il avoir le temps de s’adapter à un tel renouveau en quelque années ? Il est pratiquement impossible de ne pas voir les effets néfastes que cela va produire sur les écho-boomers (dite Génération “Y”) et bien sur celle qui suivra les “suivants” (on fait allusion aux suivants de la génération “X”).
Enfermés dans un monde totalement virtuel, la vie sociale passe rapidement en deuxième place. Le jeune n’apprend plus à s’affirmer socialement, il prendra fuite au moindre malaise vers son portable pour mitrailler son réseau de SMS pour mieux gérer son stress. Il préférera également construire son cercle social virtuellement, autour de MySpace, MSN et et autre concepts de socialisation sur Internet ; quant à ses vrais amis, le temps qu’il prendra pour un “chat” ou un “jeu en ligne” avec eux, ne le prendra pas pour trouver sa place réellement dans un milieu social, s’affirmer, se construire mais surtout se trouver lui-même. Il préférera s’isoler et travailler le personnage qu’il voudrait être, mais souvent inadapté à sa propre personnalité. Il sera donc déstabilisé venu le temps de s’intégrer, d’avoir des responsabilités et d’assumer des conséquences.
Je ne parlais pas de la totalité des jeunes d’aujourd’hui, mais simplement d’une bonne majorité de jeunes ayant de minimes problèmes à s’intégrer socialement, qui prendra rapidement la fuite vers un monde virtuel où il est facile pour lui de se retrouver et se construire. Cette génération saura-t-elle se contrôler et s’assumer ? Quelles en seront les conséquences ?
Quant au social en lui même, est-il vraiment de qualité ? Prenons pour exemple une rencontre amoureuse “virtuelle” de deux personnes des plus sincères. N’est il pas plus facile tant pour l’un que pour l’autre, de se laisser rêver d’un idéal, et de laisser paraître ce qu’on aime de sa propre personne ? N’êtes vous jamais déçu d’un film, après en avoir lu le livre, qui lui vous a laissé libre votre imagination d’idéaliser les paysages et les personnages ?
Je crois qu’il y a beaucoup d’excès dans cette sur-socialisation virtuelle, ne sachant comment la gérer, on s’isole dans notre musique, nos coups de téléphone, nos emails, nos messagers, nos micro-blogs, nos réseaux sociaux -Facebook etc.-, nos seesmic et tout le reste, sans savoir ce qu’il en vaut vraiment.
Ne serait-ce pas une porte ouverte à de nouvelles dépendances, pouvant toucher les jeunes et leur capacité à socialiser avec les autres ?
Alors pour vous, que vaut vraiment le social virtuel ?
Alors bien sur, vous me direz que notre source littéraire nationale, Ségolène Royal, a dit “Mais la question, ce n’est pas de demander trop… c’est de demander juste“; et bien elle n’a pas tout a fait tort. Bien sur que poser trop de questions n’engendre pas forcément une bonne efficience. Bien sur que si sur 10 questions, seulement 5 sont pertinentes, ces dernières perdront leurs impact, et le sens du texte perdra globalement sa valeur. Bien sur aussi que poser une question c’est bien souvent y répondre -Coluche disait :
Nous savons tous que les journaux d’information sont loin d’être ce qui se vend le mieux sur le marché de la presse. Pourquoi ? Tout simplement à cause de la diversité des médias d’information (Internet, Télévision, Podcasts etc.) mais aussi la grande concurrence des magazines à scandale, brèves de stars et autres journaux à potins. La tradition de la lecture du journal national chaque matin en buvant son café et fumant sa pipe se perd au fil des générations, car le temps nous manque, et la facilité est bien plus au goût du jour. Contrairement à la lecture d’un journal, les brèves scandaleuses sont faciles à lire, ne demandent aucune concentration ni aucune culture générale et sont très divertissantes pour la plupart. Vivre à travers les stars et leurs scandales nous permet de sortir de notre vie platonique et ennuyeuse, de les juger afin de se remonter ou pour d’autres, de rêver vivre leur vie sans avoir à en assumer les conséquences. Notre peuple est avare de ce type d’information par le biais de la presse, mais chaque média possède sont équivalent dont les français sont tout aussi friands, tel la télé-réalité, et nous voici maintenant avec Internet et ces fameux sites arborant le mot “buzz” quelque part dans leur noms ou dans leur ligne éditoriale.

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