On est dimanche, je parcours google vidéo à la recherche de reportages intéressants. J’en visionne un premier sur Linus Thorvald, créateur de linux, puis un “zone interdite” sur le gang des GSM. Déjà quelques heures plus tard —puisqu’ils sont disponibles en intégralité— je reviens sur mon idée de départ : comprendre la polémique sur les OGM. Je trouve une bonne dizaine de reportages, hébergés par google, portant le titre “Le monde selon Monsanto”. J’ai souvent entendu parler de ce reportage, j’en ai vu quelques extraits sans pour autant pouvoir comprendre le fond du problème. Je propulse donc aveuglément mon curseur sur la vidéo culminante de la liste des résultats, classé par je ne sais trop quel algorithme ingénieux. Mais là… —c’est là toute l’intrigue—
Surprise ! Google m’informe que la vidéo n’est pas disponible pour l’instant, tout
en me priant de réessayer ultérieurement. À défaut d’une vertu qui ne fait pas partie de moi —la patience— je passe d’un clic rapide à la deuxième vidéo, portant le même titre et d’une durée presque identique, à quelques minutes de générique près. Re-surprise, cette vidéo n’est pas disponible non plus. Sachant manier rapidement le tableau tactile qui me sert de souris, je fait défiler la colonne “résultats pour monsanto”. Trouvant plusieurs doublons de la vidéo, je les essayent tous un par un mais en vain. Impossible de visionner ce reportage qui a alimenté tant de débats ; l’intrigue augmente, et me poignarde le moral —je supporte mal de ne pas trouver ce que je veux immédiatement—. À ma grande surprise, je constate que la C.S.A. gougueulistique a au moins fait preuve de franchise en apposant un message qui s’explicite de la façon suivante : “contenu censuré”
Message clair ; glacial mais clair. Pas besoin d’une perspicacité surentrainée pour se rendre compte que toutes les vidéos reportages sur le cas monsanto ont été supprimées. Pourquoi ? Allez savoir, la horde d’avocats engagés par la multinationale américaine ont bien compris la place importante que prend Internet dans les médias, et donc dans l’opinion public. Quelques jours avant que le la commission mixte paritaire convoquée par François Fillion trouve le compromis, il devient dur de s’informer sur le sujet.
Google a su me mettre la puce à l’oreille, et cette puce commence sérieusement à me les chauffer. Pas vous?
Le moment est bien choisi. Les médias ont les yeux rivés sur des stars exhibant leur égo le long d’un tapis rouge, et sur leur moindre caprice qui défrayent la presse populaire ; On se désintéresse des J.O. de pékin, du séisme chinois, voire même du scandale birman. On préfère contempler les lyonnais sabrer le champagne, et les lensois sombrer dans la déprime collective (puisque le foot c’est un sport d’équipe ndlr.). Perdus dans tout cet amas de superflu informatif, on oublie un peu que l’on tente de repasser en force une loi refusée il y a à peine une semaine. Refusée par qui ? Par les français à plus de 65%, mais aussi par l’assemblée. Peu importe, les français sont des cons et finissent toujours par plier.
Un petit bonus pour vous… Comme quoi google ne peut pas être un génie dans tous les domaines !


C

On en discute