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CHRONIQUE

La vie comme une valse triste

Creative Commons License photo credit: Aihibed

Le mois de mai, on fait ce qu’il nous plaît ; synonyme de bonheur, c’est une nouvelle saison déjà entamée qui s’affirme, ou plutôt qui confirme que l’été arrive en vain. Le noir broyé durant l’hiver se pigmente de couleurs vives et claires et les sujets de déprime hivernales s’estompent à la venue du beau temps, des jupes courtes et des phéromones libérées. Le moi de mai, tout est joli, dans les rues, on sent une excitation commune, semblable à celle des fourmis lorsque l’orage s’installe.

Mai 2008, on commémore, avec une pointe de nostalgie, le courage et la détermination des baby-boomers parisiens révoltés, et tentons de vendre l’idéal soixantehuitard à la génération Z. Les conséquences de cette pseudo-révolution, on en parle moins ; car de toute façon l’homme ne serait pas capable de dissocier tort et inconscience. Résultat, on évite le sujet et trouve meilleur coupable, ayant le dos large (ou plutôt ayant bon dos, ce qui est différent). Du recul, sur les répercussions, on est pas capable ; Action = Réaction

Bref, je veux dire par tout ça, que la France est dans un piètre état, sinon sur l’autobahn qui la mène à le devenir. Sans vouloir blâmer à tort une génération avec laquelle je partage des parties de son idéal, je croit que mai 68 (et ce qui l’entoure) est mal expliqué aux jeunes, que les conséquences qui y sont indirectement liées devrait être mis au grand jour, pour éviter de reproduire certaines erreurs dont nous auront point d’excuses à donner à nos enfants pour les justifier ; on ne peux commettre la même erreur deux fois.

Je survole l’actualité de la semaine à la recherche d’inspiration pour ma chronique du jour de lune ; rien de très réjouissant pour entamer ce mois de bonheur, entre le français d’origine africaine qui se fait insulter à coup de propos raciste par un cadre d’hortefeux, un enseignant condamné pour propos racistes, mais également ce clip du groupe Justice dont je vous ai parlé samedi (avec la précieuse contribution de Valvert), et les réactions haineuses qu’elle engendre ; rien qui me donne le sourire. Je décide donc de me nourrir des petits moments de bonheur qu’Amélie Poulain sait apprécier, une goutte de plaisir dans sa souffrance, sa naïveté puérile me redonne un petit sourire ; je retourne à ma rédaction.

Les médias ne sont pas là pour témoigner du bonheur des autres de toutes façon, ne pas laisser la désolation déteindre sur le bonheur que m’offre la vie, la vie qui est comme une valse triste, qui vous emporte le temps de quelques pas de danse et de moments de joies partagées, mais une fois seul et avec du recul, elle éponge les larmes et les coeurs brisés. Alors j’entame malgré tout le mois de mai avec enthousiasme et espoir.

L’optimiste est un imbécile heureux, le pessimiste un imbécile malheureux. (G. Bernanos)

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